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Châteaubriant : l’histoire des Bains-Douches

En 1926, les architectes Etienne Courtant et Camille Robida réalisent les plans de construction des futurs bains douches de Châteaubriant. L’édifice présente une façade en mur pignon découvert, il est construit sur un plan triangulaire, et compte une salle d’attente, et une caisse, et derrière, un corps de bâtiment de forme rectangulaire, avec les cabines de douche. Les bâtiments sont protégés par des toits à 2 versants, formant une noue à leur jonction, la partie centrale de l’élévation antérieure, les entourages de baies et les assises du soubassement sont construits en moellon, le reste des murs est construit en pierres artificielles et enduit. Un bandeau de béton qui fait office de linteau au niveau des baies de l’élévation antérieure se prolonge sur les faces antérieures et sur le côté gauche de l’édifice. Le bâtiment est construit en grès, pierres artificielles, béton, appareil mixte, moellon sans chaîne en pierre de taille, et enduit partiel, il comprend un sous sol et un rez de chaussée, et est orné, d’un décor stuqué, représentant les armes de la ville, sur le tympan de la porte de l’élévation antérieure.

bains douches chateaubriantA Châteaubriant, à la suite des élections municipales de 1925, le maire républicain, Ernest BREANT, proposa à son Conseil la construction de Bains Douches. C’était le 9 septembre 1926. L’Etat promettait une subvention de 100 000 F.

Le 2 août 1928, le Conseil Municipal est sollicité pour voter les crédits nécessaires à la construction des Bains Douches : soit 100 000 francs (de l’époque) à la charge de la commune en plus des 100 000 francs promis par l’Etat. Un conseiller, qui ne peut être présent, demande le report de cette décision. Mais le Conseil pense qu’il faut faire vite parce que

« la question des bains-douches fait partie des réalisations et du programme que s’est tracé le Conseil Municipal, parce que le budget a été étudié et conçu sans qu’il soit fait appel à aucun nouveau centime additionnel, et ensuite et surtout parce que c’est la dernière année où il soit possible de bénéficier de la subvention précitée de cent mille francs ».

Le 17 octobre 1928 le Conseil Municipal se réunit en session extraordinaire pour examiner les plans et devis des Bains-Douches, tels qu’ils ont été dressés par MM. COUTAN et ROBIDA architectes à Nantes. Il apprend qu’une subvention supplémentaire pourra, en cas de besoin, lui être attribuée « sur le produit des jeux ».

Et puis vient la fermeture

Cela fait donc, maintenant, 66 ans que les Bains Douches sont ouverts à Châteaubriant…. mais le Conseil Municipal du 28 mars 1996 a décidé de les fermer. Ils ont rendu de grands services en matière d’hygiène et ont été très fréquentés par les Castelbriantais qui ne disposaient pas, à l’époque, d’installations sanitaires. Rappelons en effet que le « tout-à-l’égout » n’a commencé à être installé qu’en 1959 en notre ville, soit près de 30 ans après l’ouverture des Bains Douches. Dans les années 1965-1980, il n’était pas rare de trouver des chambres à louer ne disposant ni de salle d’eau, ni de chauffe-eau, ni même de WC : il ne restait souvent que la solution d’aller au fond du jardin s’installer au-dessus d’un trou surplombant la Chère ou le Rollard.

Cependant les Bains Douches de Châteaubriant n’ont pas connu l’engouement attendu, au point que la deuxième aile n’a jamais été construite : l’accélération des techniques a permis de doter les habitations de « salle d’eau » à domicile.

Le rituel des Bains-Douches, pour Châteaubriant, c’est un peu comme le marché du mercredi, et la messe du dimanche : une occasion de sortie.

« Après la douche, j’ai le temps d’aller faire un tour au café pour retrouver les copains ».

Certains clients font leur petit calcul : « une douche à Châteaubriant me revient moins cher que chez nous » dit celui-ci. Un autre vient là chercher « la paix » :

« Chez moi, ma femme trouve que je passe trop de temps dans la salle de bains et que je mets de l’eau partout. Au moins ici, on ne me dit rien ».

C’est vrai en ce qui concerne le nettoyage : Mme BOUDET ou Mme MARTIN passent elles-mêmes la serpillière à l’eau javellisée. Mais ce n’est d’ailleurs pas tout à fait vrai en ce qui concerne la durée : quand un client dépasse les 20 minutes de la douche ou la demi-heure du bain, il se fait gentiment rappeler au règlement « pour économiser l’eau chaude ».

En fait, le service des bains-douches n’est vraiment indispensable que pour une ou deux personnes habitant un logement sans confort dans la campagne castelbriantaise. A part çà, il ne répond plus à son ambition initiale : assurer l’hygiène publique. Les « SDF » (sans domicile fixe) eux-mêmes, peuvent disposer de douches dans le local d’accueil du Faubourg de Béré. Alors, à part quelquefois des gens en vacances dans une famille castelbriantaise, il n’y a guère qu’une clientèle d’habitués qui… ont tous une douche à la maison.

Le service va donc fermer. Quand ? Prochainement ! Le personnel ne sait rien de précis, sinon qu’il va y perdre près de 11 heures de travail par semaine et que cela risque de faire…..des fuites…. dans son propre budget.

Article tiré du site chateaubriant.org

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