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Hôtels-Dieu : un haut lieu de charité au Moyen-Age

Hôtels-Dieu : un lieu où les plus faibles pouvaient trouver refuge

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Au temps de la Rome Antique, un citoyen avait le pouvoir de vie et de mort sur sa femme, ses enfants et ses esclaves. La fameuse patria potestas romaine. Au Vème siècle, cet empire romain allait se désagréger et disparaître. L’Occident entra alors dans une période d’instabilité, les invasions se succèdaient.

L’émergence du Christianisme permit de modifier en profondeur les mentalités. Jadis, le père ou le mari avait un pouvoir total envers les siens, pouvant aller jusqu’à la mort et était totalement indifférent à tout ce qui n’était pas de sa famille, de son sang. La communauté ne s’immisçait jamais dans ces histoires de familles. En ce Moyen-Age naissant, tout allait changer, désormais, ce sera Dieu qui aura le pouvoir sur les Hommes. L’autorité arbitraire antique laissera la place à la bonté chrétienne.

Dès le VI ème siècle, le pouvoir spirituel et temporel prirent à bras le corps la pauvreté alors croissante en Occident encore fragile politiquement. En 511, le concile d’Orléans stipula entre autres que les prélats allaient devoir s’occuper des plus pauvres et Childebert 1er, fils de Clovis, en 549 édifia pour la première fois un lieu dont la vocation allait être de recevoir des pèlerins et des malades. Ces premiers établissements, liés à la charité chrétienne, accueillent toutes personnes dans le besoin, sans distinction.

A partir du XIIème siècle, au temps du pape Innocent III et des ordres franciscains et dominicains, la démographie urbaine explosa et son lot de pauvreté avec. En réaction, ces lieux d’accueil allaient se structurer. On les appelera des Hôtels-Dieu. Dès lors, ces Hôtels-Dieu commençaient à se spécialiser, à se professionnaliser. Une femme enceinte ne sera pas accueillie au même endroit qu’un pèlerin ou qu’un malade.

Ces Hôtels-Dieu étaient administrés par des assemblées de religieux, appelées des chapitres placés près des cathédrales et contrôlés par les évêques. Les frères et les soeurs, qui suivaient la règle de Saint Augustin, y accueillaient tout d’abord les pèlerins, qui en dehors de chez eux étaient en situation de faiblesse puis plus tard ces structures accueillirent tout ce que la société de l’époque comptait d’indigents et de personnes fragiles. Bien entendu, seules les personnes en situation de fragilité ou de pauvreté pouvaient bénéficier de ces soins, le reste de la population, quant à elle, ne pouvait profiter de ces structures accueillantes et bienveillantes pour se soigner. La mission des frères et des sœurs étaient de guérir et de soulager à la fois le corps et l’âme de la personne. Les apothicaires, les ancêtres des médecins, y prodiguaient leurs soins corporels. Les jardins botaniques à proximité leur facilitaient la tâche. Quant aux religieux, ils s’adonnaient à la guérison des âmes en donnant la communion, la confession…

Les Hôtel-Dieu vivaient principalement de dons. Les artisans donnaient de leur temps et offraient leur savoir-faire quant aux nobles, ils faisaient des dons d’argent et des legs divers. Ainsi, quiconque pouvait, selon son statut, faire acte de piété.

Au début de la Renaissance, à partir du XVI ème siècle, la perception de la pauvreté changea, elle fut perçue comme une menace sociale. Des magistrats commenceront petit à petit à s’immiscer dans la gestion de ces établissements. Dorénavant, les gueux seront chassés et amenés à l’Hôtel-Dieu pour y travailler. Les pauvres étaient devenus gênants et inutiles. La charité d’antan se transforma en enfermement. Le pouvoir séculier prit la place du pouvoir spirituel. La pauvreté deviendra désormais une affaire de laïcs.

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